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Premiers pas avec Aveva InTouch : comprendre l'architecture d'un projet scada et créer sa première interface HMI

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Franck G♥INI
12 janvier 202613 MIN READ
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Premiers pas avec Aveva InTouch : comprendre l'architecture d'un projet scada et créer sa première interface HMI

Découvrez les fondamentaux d'Aveva InTouch pour concevoir votre premier projet SCADA. Ce guide technique explore l'architecture logicielle, la gestion des tags et les meilleures pratiques pour créer une interface opérateur performante.

Introduction à l'univers Aveva InTouch

Dans le monde de l'automatisation industrielle, Aveva InTouch (anciennement Wonderware) s'impose comme une référence incontournable du SCADA (Supervisory Control and Data Acquisition). Utilisé par des milliers d'usines à travers le monde, ce logiciel permet de transformer des signaux électriques bruts provenant d'automates en informations visuelles exploitables par les opérateurs. Que vous travailliez dans l'agroalimentaire, l'énergie ou le traitement de l'eau, comprendre InTouch est un atout majeur pour votre carrière en OT (Operational Technology).

L'un des grands points forts d'InTouch réside dans sa pérennité. Des projets développés il y a vingt ans tournent encore aujourd'hui grâce à une compatibilité ascendante impressionnante. Pour un débutant, la première étape consiste à bien différencier l'environnement de développement, appelé WindowMaker, de l'environnement d'exécution, le WindowViewer. C'est dans ce duo que se joue toute la magie de la supervision industrielle.

Comprendre l'architecture : standalone vs system platform

Avant de cliquer sur le bouton 'Nouveau projet', il est crucial de comprendre où se situe InTouch dans l'écosystème Aveva. Traditionnellement, on l'utilise en mode Standalone (autonome). Dans cette configuration, chaque station de supervision gère sa propre base de données de variables (tags) et ses propres écrans. C'est l'approche idéale pour les machines isolées ou les petites lignes de production car elle est simple à déployer et à maintenir.

À l'opposé, pour des sites industriels complexes, InTouch s'intègre à la System Platform via la technologie ArchestrA. Ici, la logique est centralisée dans une Galaxy (base de données de configuration) et InTouch ne sert plus que de couche de visualisation. Pour nos premiers pas, nous nous concentrerons sur le mode Standalone, qui permet de maîtriser les fondamentaux sans la complexité des serveurs d'objets. Vous pouvez consulter les ressources officielles sur le site de Aveva pour approfondir ces concepts.

La gestion des tags : le cœur du système

Tout projet SCADA repose sur le Tagname Dictionary. Un tag est une variable qui représente soit une donnée physique (température, état d'un moteur), soit une variable interne (seuil d'alarme, compteur de cycles). Dans InTouch, il existe deux types principaux de tags : les tags Memory, stockés uniquement dans l'ordinateur de supervision, et les tags I/O, qui sont liés à un automate via un serveur de communication (souvent un serveur OPC ou un driver spécifique comme OI.Server).

Lors de la création d'un tag I/O, vous devez définir un Access Name. C'est le 'pont' qui indique à InTouch comment communiquer avec l'extérieur. Si vous n'avez pas d'automate sous la main pour vos tests, vous pouvez utiliser des tags de type 'Memory' ou le simulateur interne. Une astuce de pro : nommez toujours vos tags avec une convention stricte (ex: POMPE01_STATUT) pour faciliter la recherche et la maintenance quand votre projet comptera des milliers de variables.

Créer sa première interface HMI

L'interface homme-machine (HMI) doit être intuitive avant d'être esthétique. Dans WindowMaker, vous disposez d'une palette d'outils pour dessiner des formes, importer des images ou utiliser la bibliothèque d'objets Symbol Factory. Pour rendre un objet interactif, on utilise les Animations Links. Par exemple, pour changer la couleur d'un cercle selon l'état d'un moteur, on lui affecte une animation de type 'Discrete Value' liée au tag correspondant.

N'oubliez pas d'inclure des boutons de navigation clairs et une zone dédiée aux alarmes. Une interface moderne suit souvent les principes du 'High Performance HMI' : utilisez des couleurs sobres (gris, blanc) pour le fond et réservez les couleurs vives (rouge, jaune) uniquement pour signaler des anomalies ou des états critiques. Cela permet de réduire la fatigue cognitive de l'opérateur et d'accélérer sa réaction en cas de problème.

Exemple de script simple

InTouch permet d'ajouter de l'intelligence via le langage QuickScript. C'est un langage simple mais puissant qui permet d'automatiser des tâches ou de calculer des valeurs en arrière-plan. Voici un exemple de script que l'on pourrait placer sur une fenêtre (Condition Script) pour simuler une montée en température automatique :

CODE
IF Temp_Cuve < 100 THEN
Temp_Cuve = Temp_Cuve + 1;
ELSE
Temp_Cuve = 0;
ENDIF;

Les erreurs classiques du débutant et conclusion

L'une des erreurs les plus fréquentes consiste à oublier de configurer le Runtime Logging. Sans cela, vos alarmes et vos courbes de tendances (trends) ne seront pas enregistrées sur le disque dur, et vous perdrez tout historique après un redémarrage. Une autre erreur est de négliger la résolution de l'écran : développez toujours votre projet dans la résolution native de l'écran cible pour éviter les déformations graphiques une fois sur le terrain.

Pour conclure, maîtriser Aveva InTouch demande de la pratique, mais les bases sont accessibles à tout technicien curieux. Une fois que vous serez à l'aise avec les tags et les animations, vous pourrez explorer des fonctions avancées comme l'historisation SQL, les scripts complexes ou la mise en réseau de plusieurs stations de supervision. Pour plus d'informations techniques, consultez les guides de Schneider Electric qui distribue souvent ces solutions.

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